Le prix des produits en Amap


Le prix des produits en amap est souvent présenté comme étant un frein pour choisir ces produits.

Prix des légumes bio

A la fin de la saison 2014/2015, nous avons fait l’exercice de comparer les prix des légumes de notre amap avec les prix des légumes bio de supermarchés et les prix des légumes non bio de supermarché. Les conclusions sont les suivantes :

  • il est très compliqué de trouver les prix moyens des légumes en supermarché ! Cette étude a donc porté sur un échantillon de 8 légumes : aubergine, carotte, courgette, fraises, haricots verts, pommes de terre, salade et tomate
  • le prix des produits bio en supermarché était en moyenne 8% plus cher que les prix de notre producteur
  • le prix des produits non bio en supermarché était en moyenne 27% moins cher que les prix de notre producteur (et 37% moins cher que les produits bio de supermarché)

Pourquoi ces écarts ?

Les produits bio sont moins chers en amap qu’en supermarché. Pourquoi ? Certainement car les coûts de transport et d’emballage sont diminués. Et peut-être aussi parce que beaucoup de maraîchers sur des petites exploitations sont un tantinet moins gourmands sur leurs marges que la grande distribution…

Les produits bio en général restent plus chers que les produits qui ne le sont pas. Pourquoi ? Il y a plus de travail manuel en agriculture biologique. Les produits et divers engrais sont remplacés par le soin des légumes, le désherbage les éventuels traitements à base de plantes. Le risque de perte est plus élevé. L’objectif en bio, c’est de faire de la prévention en mettant en place des rotations de culture, des associations favorables, éventuellement en utilisant des purins de plantes, etc. Lorsqu’une maladie, un champignon ou un ravageur se présente quand même, les moyens de lutte sont nettement moins radicaux que les traitement phyto (pour notre santé aussi !). Donc les risques de pertes plus importants. Il y a également un coût à prendre en compte pour les contrôles et la certification à prendre en compte.

Un budget alimentation qui évolue… dans quel sens ?

Quand même, nous direz-vous, le budget à consacrer à l’alimentation en amap est important ! Un panier de légumes chez vous, c’est quand même 59€ par mois. C’est vrai. Cela correspond à quoi ? Un forfait internet illimité et deux forfaits téléphones portables ? Depuis 50 ans, le budget des ménages consacré à l’alimentation baisse. Ceux consacrés à la communication augmentent.
En 1960, 38% du budget des ménages était consacrés à l’alimentation contre 25% en 2007, soit une baisse de 13 points. Pour le transport ou la communication, on constate l’inverse avec une hausse de 7 points pour le premier et 6 pour le second. (source : Insee, comptes nationaux, base 2000). Depuis 50 ans, le budget alloué à la santé augmente lui aussi… est-ce un hasard ?

Petit rappel sur l’alternative au bio

Enfin, les produits non bio, qu’est-ce que c’est ? Ce sont des produits sur lesquels on utilise des traitement, dits phytosanitaires. Ces traitements visent à lutter contre les parasites, certains insectes, les champignons ou les mauvaises herbes. La citation suivante est extraite du site Travailler-mieux (ministère du Travail) :

Un produit phytosanitaire est composé d’un mélange complexe associé à de la matière active, ce qui demande une manipulation attentive de l’opérateur en raison des conséquences sur les êtres vivants et sur l’environnement que son application provoque.
Un produit phytosanitaire a des formules qui évoluent mais dont l’usage reste dangereux pour la sécurité des utilisateurs. Cela exige de prendre des précautions particulières lors du stockage, de la préparation et de l’utilisation de ces produits.

http://www.travailler-mieux.gouv.fr/Produit-phytosanitaire.html

 

Un peu plus loin dans l’article, le ministère précise que, pour se protéger, l’agriculteur doit veiller à « disposer de buses de rechange et ne pas déboucher les buses à la bouche ». Vous voulez dire que ces produits ne sont pas comestibles ?! Mais que deviennent-il une fois épandus sur les plantes et sur le sol ?

Et nos besoins dans tout ça ?

Bref, manger bio en amap, ça permet d’avoir des produits bio moins chers qu’en supermarché, ça permet de ne pas donner son argent aux grandes surfaces mais plutôt aux petits producteurs (qui par ailleurs pourraient créer plus d’emplois), ça permet de rester en bonne santé (moins de visites chez le médecin et le pharmacien) et ça permet de redonner à l’alimentation la place qui lui revient : une place vitale.