La maraîchère : Clothilde


Parcours et formation

Entre 2007 et 2016, j’ai été rédactrice technique, webmaster, cheffe de projets web et chargée de marketing. En 2015, après trois ans de réflexion, j’ai décidé de faire une reconversion professionnelle pour devenir maraîchère. Cette idée a germé petit à petit grâce à l’implication que j’ai eue dans l’amap des deux rives. J’ai entendu parler de permaculture, je suis allée faire un stage de deux semaines en Saône et Loire pour voir ce que c’était vraiment. J’avais envie de changer de métier, de trouver un travail qui me semblerait utile, vraiment utile. J’avais aussi besoin de trouver un travail diversifié, qui puisse évoluer et dans lequel je pourrai toujours apprendre. Et j’avais envie d’apprendre à subvenir à mes besoins vitaux. Le maraîchage répondait à tous ces critères.
En 2015 j’ai fait une demande de CIF et j’ai pu entrer en formation de Responsable d’Exploitation Agricole en maraîchage biologique dans le Morvan. J’ai terminé la formation en juillet dernier. J’avais plusieurs options, j’ai choisi transformation de légumes et homéopathie vétérinaire. J’ai fait plusieurs semaines de stage, beaucoup à la ferme de Rosny, mais aussi :

  • 1 semaine chez Benoît Feyler à Dormelles (le maraîcher de l’amap de Moret du vendredi soir et le nouveau maraîcher de l’amap de Veneux),
  • 1 semaine chez Michel Grao à Nanteau sur Lunain (le maraîcher de l’amap de Moret Les Colibris),
  • 2 jours pendant 5 semaines chez Paul Thierry à Chevrainvilliers, à côté de Nemours (l’ancien maraîcher des amaps de Veneux et Episy)
  • 2 semaines chez Vincent Levavasseur, un maraîcher situé en Normandie qui utilise les techniques de maraîchage sur sol vivant dont je reparlerai plus loin.

L’espace-test

Les Champs des possibles ont pour objet d’accompagner les porteurs de projet agricoles. Ils ont plusieurs espaces-tests en Île de France, notamment à Toussacq, près de Bray sur Seine.
Concrètement, j’ai signé un contrat CAPE (contrat d’appui au projet d’entreprise) avec les Champs des possibles. Un contrat CAPE n’est pas un contrat de travail, ma rétribution est modulée selon les revenus de mon activité (maximum 0€ la première année je pense !) et le contrat est renouvelable deux fois. J’ai entamé ma deuxième année en décembre. Je ne suis donc pas installée en tant qu’agricultrice mais je peux cultiver et vendre, je bénéficie également des formations dispensées par les Champs des possibles, Terres de liens, Amap Île de France et le GAB (Groupement des agriculteurs biologiques). Les Champs des possibles mettent à ma disposition un numéro de siret et ma comptabilité est inclue dans la leur. En contrepartie, je leur verse 10 % de mes recettes pour participer à la rémunération du travail d’accompagnement qu’ils font.
Du coup, vous, vous avez signé les contrats légumes avec moi mais aussi avec les Champs des possibles. Le contrat est donc tripartite.
Jusqu’à décembre dernier, j’étais en espace-test à Chaumont, dans l’Yonne. Pour faire bref, ça ne se termine pas bien du tout et je suis donc en train de changer de lieu. Franck Halleur, qui est mon tuteur depuis septembre, a accepté de me recevoir chez lui. Je dois donc déménager mon matériel, refaire mon plan de culture et revoir mon planning et ma façon de cultiver. A Chaumont j’ai travaillé avec des techniques de maraîchage sur sol vivant (pour faire simple sans travailler le sol, aucun retournement du sol et une couverture constante avec de la paille ou du compost) mais chez Franck je vais devoir trouver des méthodes qui sont adaptées à un sol qui est travaillé au tracteur depuis plus de 10 ans. Ça ne va pas être simple du tout mais c’est aussi l’occasion d’apprendre de nouvelles choses et Franck est très présent et disponible pour m’aider, donc ça devrait bien se passer !

Mon projet d’installation

La période en espace-test me sert également à chercher un terrain pour l’installation définitive. J’aimerai, idéalement, trouver un terrain de 1 à 5 hectares le plus près possible de chez nous. Si vous n’en êtes pas sûrs, vous devez vous douter que ça ne court pas les rues quand même. J’ai une piste (des terrains à Veneux) mais le prix de vente est très élevé et Terre de lien (qui serait l’acquéreur, je ne serai que locataire) ne veut pas, aux dernières nouvelles, s’engager à ce prix-là.
Mais imaginons que je trouve un terrain. J’aimerai faire du maraîchage biologique, commercialiser en circuits courts uniquement et j’aimerai avoir un point de vente à la ferme, idéalement un magasin de producteurs. Je voudrais également installer un laboratoire de transformation de fruits et légumes et pour l’instant mon idée c’est de proposer des pizzas bio et végétariennes de novembre à mars et sûrement d’autres préparations plus simples type soupes par exemple (pour transformer les légumes qui ne sont pas commercialisables en l’état parce qu’un peu abîmés. Cela me permettrait de réduire les pertes et de valoriser des légumes invendables). Le reste du temps, j’aurais certainement trop de travail en maraîchage pour pouvoir transformer les légumes, il faudrait donc que je trouve une solution pour rentabiliser l’investissement (achat groupé, location, emploi partagé…).

Clothilde